Le matagot : cela ne vous dis rien et pourtant c’est une croyance qui perdure encore de nos jours.

La légende

 » A fréquenter le chat, on ne risque que de s’enrichir » écrivait Colette dans Les vrilles de la vigne. Nos ancêtres appliquaient cette maxime au pied de la lettre en des temps où les chat n’étaient pas en odeur de sainteté. La raison ? On affirmait à la campagne que certains chats étaient capables d’apporter la richesse à leur propriétaire.

Ces matous d’un genre particulier furent baptisés « matagots » en Provence , « mandagot » en Gascogne et « chat d’argent » en Bretagne.

L’histoire d’une malédiction

Le chat a plutôt bonne réputation dans l’Europe du bas Moyen Âge, surtout à la campagne, où les paysans l’apprécient pour ses talents de chasseur. Saint Patrick puis le pape Grégoire le Grand déclarèrent leur affection pour le chat. Le chat bénéficiait encore d’un respect certain au XIe siècle lorsque les premières hordes de rats noirs arrivèrent en Europe pour dévorer les céréales et les fruits.

Les interdits de l’église

En 1233, la bulle Vox in rama du pape Grégoire IX, créateur de l’Inquisition médiévale, considère que le chat, comme le crapaud, est une incarnation du Diable  et déclare que toute personne abritant un chat noir risque le bûcher.

La résurgence du culte de Freyja, la déesse germano-scandinave de la fécondité, vers le milieu du XIVe siècle entraîna l’association du chat et des cultes infernaux, manifestement en raison de son adoration passée de la part des païens et surtout de la réflexion de la lumière dans ses yeux, qui passait pour être les flammes de l’Enfer.

La symbolique médiévale

Dans la symbolique médiévale, le chat était associé à la malchance et au mal, d’autant plus quand il était noir, ainsi qu’à la sournoiserie et à la féminité. Son comportement sexuel démonstratif, son grand besoin de sommeil considéré comme de la paresse et ses vagabondages ont contribué à lui forger une image négative. C’était un animal du diable et des sorcières. On lui attribuait des pouvoirs surnaturels, dont la faculté de posséder sept ou neuf vies.

Chez les chats noirs, couleur associée au diable, seule une tache blanche sur le poitrail ou le cou leur permettait la clémence. On considérait que c’était une manifestation divine. Le chat, tout particulièrement noir est considéré comme un sorcier métamorphosé ou un démon familier.

Le pape Innocent VIII promulgua un édit en 1484. Celui ci conduisit au sacrifice des chats pour les fêtes populaires, ce qui marqua une grande période de persécution pour le félin. Cet édit eut un impact important sur les couches populaires, particulièrement fanatique, puis s’étendit lentement sur la noblesse.

L’inquisition réunissait dans un même feu de joie :

  • les hérétiques,
  • les sorcières,
  • les assassins,
  • et les chats pour la nuit de la Saint Jean.

Sur les grands-places de bon nombre de communes, les villageois, érigeaient des bûchers dans lesquels ils jetaient aussi les chats qu’ils avaient capturés.

La malédiction du chat noir

Le chat était considéré comme le déguisement du diable sur Terre pour ses visites, et fut condamné ainsi que ses maitres les sorciers et les sorcières. Selon certaines sources, ils furent alors nombreux à être brûlés vif sur les places publiques. D’autres affirment cependant que les rares enquêtes de grande envergure menées dans les archives infirment cette hypothèse. Les condamnations de chats au bûcher seraient aussi marginales que celles de coqs et l’on y trouverait plus de crapauds ou de loups

Comment faire avec un matagot ?

Pour trouver un matagot, il fallait se rendre à un carrefour de forêt à minuit et invoquer le Diable. Il apparaissait alors sous la forme d’un chat noir. Un parchemin signé de quelques gouttes de sang et le chat était prêt à vous servir.

Mais attention ! le matagot emportait l’âme de son neuvième propriétaire et il ne fallait donc pas s’en séparer dès qu’il avait rendu service…..

Matagot et chat d’argent étaient toujours de couleur noire. Il se montraient paresseux. Il ne chassaient pas les souris et préféraient dormir auprès de l’âtre et manger à satiété.

Certains allaient jusqu’à demander à téter le sein des femmes qui allaitaient ! A la nuit tombée, il fallait placer une bourse contenant un écu ou un louis d’or près du matou assoupi. On lui chuchotait alors doucement à l’oreille « Fais ton devoir! ».
Le matin, la bourse était miraculeusement gonflée de pièce d’or.

L’ anecdote

Au XIXème siècle, un paysan de Belle-Isle-en-Terre acheta pour 300 franc un chat d’argent à une sorcière. Au bout de huit nuits, il n’avait rien rapporté. L’homme se fâche et traîna la vieille devant le tribunal.

La vieille fut condamnée à rendre l’argent de la transaction. Le chat fut jugé « improductif » !!!!

Pour plus d’informaitons : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_d%27argent