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A la rencontre de Snoopy, star de la BD !

Snoopy est un chien, personnage principal du comic strip Peanuts, de race beagle. Lui et son maitre Charlie Brown sont les principaux protagonistes de la bande dessinée. Au fur à mesure du comic, son comportement devient « humain » : il se met à marcher sur ses deux pattes, à penser et à philosopher.

Il a des habitudes plutôt extravagantes, comme celle de dormir sur le toit de sa niche et vit dans un monde fantaisiste, se prenant pour un astronaute un aviateur de la Première Guerre mondiale, perpétuellement aux prises avec l’as allemand des airs Manfred von Richthofen, le Baron Rouge, le joueur de billard Eddie Vite-fait du film L’Arnaqueur, le légionnaire Beau Geste, un célèbre écrivain, un grand joueur de hockey, un joueur de tennis, un scout, etc.

Il a de nombreux frères et sœurs, dont Belle, Spike, Andy, Olaf et Marbles. Son meilleur ami est Woodstock , un petit oiseau qui deviendra son compagnon et son confident.

Il a été repris par de nombreuses marques comme mascotte dont Metlife de 1985 à 2007.

L’adorable beagle créé par Schulz a 65 ans cette année. Avant de voir le film, on se replonge avec délice dans la psyché sophistiquée du plus génial des cabots.

Incarnation du charme et de la gentillesse, Snoopy est aussi un composite de l’homme moderne : raisonneur et rêveur, curieux et hédoniste, amical et retors, mégalo et paresseux, extraverti et méditatif.

Mais ce qui nous séduit autant, c’est bien sûr son goût de l’introspection et son génie philosophique. Un personnage riche et profond que le psychanalyste Jean-Pierre Winter décrypte pour notre pur plaisir.

Un petit stoïcien

Snoopy affiche une indolence propre à l’école stoïcienne, cette philosophie qui consiste à exister en donnant le change. La plus célèbre de ses postures l’illustre bien : tandis qu’il dort sur l’angle du toit de sa niche, situation de déséquilibre extrême, il donne l’apparence d’être confortablement installé.

On croit qu’il est placide et ne pense rien alors qu’il passe son temps à tout observer, à tout commenter, et à en retirer des sentences (que, par ailleurs, il conclut avec une totale subjectivité qui les rend géniales.)

CQFD : si on veut avoir un poste d’observation, être dans la relation au monde, aux autres, il est nécessaire de ne pas s’enfermer dans sa niche !

Il cherche à s’évader de sa nature de chien

On peut facilement projeter sur le chien, en tant qu’animal « d’homme-estique » comme disait Lacan, des intentions et comportements humains. Mais, en général, on les réduit à quelques traits évidents.

Ce n’est pas le cas de Snoopy. Ce à quoi il s’identifie chez l’homme, c’est sa pensée. Alors il ne la bride pas, au contraire. Cela l’entraîne dans des méandres de questions, de doutes, de trouvailles…

Il est donc complexe, et libre de l’être ! Mais si l’homme est un sujet divisé (pris entre ses désirs conscients et inconscients) qui se persuade qu’il est cohérent et unifié, Snoopy n’est pas du tout dans une espèce d’unité harmonieuse de lui-même. Et s’il se rêve au-delà de sa condition (écrivain, espion, héros…), il n’est pas dupe, comme en témoigne cet épisode : alors qu’il s’apprête à plonger dans la petite piscine du jardin, Lucy le stoppe d’un humiliant : « Interdit aux chiens ! ». Il s’éloigne, vexé, puis se ravise : « Tu ne disais pas ça pour moi, hein ! » et se jette à l’eau !

Il rêve de folles aventures… et de délicieuses pizzas

Il se rêve héroïque, mais sa réalité se résume à son petit jardin et à sa niche. Plein de sagacité et d’imagination, il s’organise : en s’évadant dans ses fantasmes, certes, mais aussi en régnant habilement sur ses proches, avec une gentillesse et une fidélité qui le rendent irrésistible. Ainsi son « maître » Charlie Brown et son frêle ami Woodstock, moineau ébouriffé, finissent par être ses obligés ! Mais parfois, l’ennui le rattrape et il déprime. Comme dans cette scène : il est dehors, couché par terre, le tête entre les pattes, constatant qu’il démarre une nouvelle année mais qu’il est toujours le même, que rien ne change, année après année, jour après jour. Et conclut : « Quelquefois, ma cohérence m’émerveille ! » Alors que sa « vie de chien » nous serrait le cœur, c’est Snoopy lui-même qui nous libère de l’angoisse de sa condition (et de la nôtre !) par sa créativité face à l’adversité. Et on est tout à fait rassuré quand il est au comble du bonheur : blotti contre Charlie, devant la télé, une pizza à la patte… « Le bonheur, c’est une part de pizza… »

Le moins névrosé de la bande ?

Charlie Brown colle à sa dépression ; Schroeder à son piano-jouet ; Linus à son doudou, Lucy, au discours du maître (elle se prend pour une psy). Chacun échoue à passer les caps. Enfermés dans leur personnage, ils introduisent le comique de répétition dans l’histoire et sont le point d’appui à partir duquel Snoopy réfléchit, évolue, gagne en sagesse et en intelligence.

Il comprend tous les langages

Ceux qui aiment leur chien ont tendance à dire qu’il ne lui manque que la parole. Snoopy ne fait pas exception à la règle, il ne parle pas.

Mais là encore, il donne le change, directement à l’intention du lecteur, puisqu’on le voit incroyablement bavard ! C’est un être de langage, un écrivain, même (« Je le hais quand il a des idées au milieu de la nuit », dit Charlie Brown réveillé par Snoopy tapant son manuscrit à côté de lui.)

Alors qu’il est en pleine discussion avec Woodstock (incompréhensible pour nous, représentée par des traits accentués), il en conclut tout de même que « c’est un langage difficile » !

Aujourd’hui, les avancées de la science permettent de confirmer l’intuition de Schulz : les animaux nous comprennent mieux que nous ne les comprenons.

A lire absolument !

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Passionné des animaux, j'ai réussi à en faire mon métier. Je suis responsable d’Équilibre et Instinct depuis bientôt 10 ans. Ecrire ces articles me permet de partager ma passion, et d'enrichir mes connaissances sur le monde animal tout en s'amusant.