Vous avez fait tout votre possible pour l’éviter, mais votre chien se bagarre avec un autre :

Quel comportement adopter lors d’une bagarre ?

Pas d’hystérie !

  • Inutile de crier et de vous agiter. A ce moment, le chien n’écoute pas les paroles et le ton vif l’excite encore plus. Une vocifération peut s’avérer efficace juste avant la bataille, en inhibant l’attaque, mais produira l’effet contraire après.
  • Inutile et dangereux de vous mettre au milieu et de chercher éventuellement à attraper le chien par son collier, en misant sur le fait qu’il ne vous mordra jamais. Hormis les bagarres ritualisées d’origine hiérarchique, le chien pense généralement qu’il lutte pour sa vie et (à juste titre) ne se soucie pas des détails. Il ne vous mordra jamais exprès, mais rien ne dit qu’il soit en mesure de s’arrêter à temps si votre main entre dans son champ d’action.
  • Mettre les mains près de la gueule des chiens représente le meilleur moyen de les voir finir à l’intérieur de cette dernière.

Pas de bravoure inutile !

  • Inutile et dangereux de prendre le chien dans vos bras : l’autre pourrait se jeter sur vous et vous mordre en essayant de l’atteindre.
  • Inutile et dangereux de ne retenir qu’un des adversaires : se sentir entravé – à l’évidence – n’étouffe pas, mais au contraire accroît l’agressivité. Par ailleurs, si votre chien considère que vous essayez de l’empêcher de défendre sa peau, il perdra toute l’estime qu’il vous porte.
  • Et à l’extrême limite, s’il se sent vraiment en grave danger, il risquera de vous mordre pour se libérer.

Les bons gestes !

  • Utile, dans la plupart des cas, d’employer un torchon ou un seau d’eau pour refroidir les esprits en ébullition. Si vous avez un objet de ce genre à portée de la main, c’est la première chose à faire.
  • Très utile, quand on est deux :
    • d’attraper simultanément chaque chien par la queue (s’ils en ont une)
    • ou par les testicules (dans le cas de mâles à queue amputée),
    • voire les pattes arrière (à défaut de queue et de testicules, parce qu’il s’agit de femelles),
    • puis de le soulever du sol.
  • L’absence d’appui stoppe presque toujours les velléités de combat : le chien se soucie principalement de savoir ce qui s’est passé là, derrière, et lâche son adversaire. Cette solution ne sert, bien entendu, qu’à écarter les deux chiens, qu’il conviendra tout de suite après de remettre en laisse et de séparer définitivement.
  • Très utile, quand on a un sujet doté d’une prise implacable et d’un caractère peu aimable avec les autres chiens, de toujours emporter avec soi un coin de bois ou de plastique que l’on pourra, en cas d’urgence, introduire dans sa gueule pour la lui faire ouvrir. Lorsque la situation s’avère vraiment désespérée, il s’agit du seul moyen d’empêcher un chien d’en tuer un autre… sans risquer ses mains.

Que faire pour empêcher la bagarre ?

Empêcher la solution du problème (en immobilisant les deux chiens chaque fois qu’ils commencent à se montrer les dents) équivaut à marquer la fin d’une belle amitié. Les deux sujets continueront de se provoquer, leurs maîtres à les immobiliser, et le rôle de supérieur hiérarchique ne sera jamais défini. Autant les séparer pour toujours, ce qui constitue la plupart du temps la décision la plus sage, à ne surtout jamais regretter.

Quand deux chiens sont entrés en concurrence, ils n’ont plus le moindre souvenir de leurs précédentes relations. Pour le chien, seul le présent compte et ce qu’il voit alors n’est pas un ancien ami, mais un rival.

La source de la bagarre est le maître….

De sorte que les emmener loin l’un de l’autre ne revient pas à briser pour toujours une belle amitié, comme on pourrait le penser en termes humains, mais faire très plaisir aux deux en éliminant une cause de stress. Encore une fois, ne commettez pas l’erreur d’attribuer au chien des sentiments que nous seuls éprouvons en réalité !

Si, par ailleurs, le problème ne concerne pas les chiens, mais leurs maîtres (éventuellement amis, parents, fiancés, etc.) qui veulent que leurs compagnons à quatre pattes – pour les arranger, eux – renouent des rapports de nonbelligérance… la seule méthode efficace consiste à essayer de les laisser se battre, pour voir si l’affrontement aboutit à une définition des rôles.

Le cas des races lupoïdes

Cette solution est envisageable si tous deux appartiennent à des races très lupoïdes. Il y a, en effet, de grandes chances pour que la bagarre soit ritualisée (avec beaucoup de comédie, mais peu de morsures réelles), que l’un des deux accepte la domination de l’autre et que tout s’achève à l’amiable.

Ce n’est, cependant, pas d’un coeur léger que l’on se résigne à emprunter cette voie car :

Absolument rien ne dit que l’un des deux chiens finira par se soumettre (si les sujets sont chacun très dominants, les ritualisations tomberont à l’eau et le jeu deviendra pesant, y compris entre des chiens fortement lupoïdes).

La bonne attitude

Même une bagarre ritualisée peut engendrer des blessures, ni mortelles ni graves, mais susceptibles de défigurer l’animal (ce qui s’avère dramatique dans le cas d’un chien d’exposition de beauté, par exemple).

  • Même un simple accrochage entre chiens peut avoir des répercussions qui dépassent largement les intentions des adversaires.

Autre problème

S’il est vrai que les races lupoïdes ont tendance à ritualiser, il est également vrai que les chiens domestiques se trouvent parfois confrontés à des facteurs totalement étrangers à la vie de la meute dans la nature.

C’est le cas, par exemple, de la proximité du maître, moyennant quoi un chien se sent plus fort que s’il était tout seul.

Tous les éleveurs du monde ont eu l’occasion de remarquer que certains de leurs chiens peuvent être laissés tranquillement en meute quand il n’y a personne. Lorsque l’homme est présent, en revanche, des disputes et des bagarres éclatent

Par conséquent :

Il ne faut jamais considérer les chiens domestiques exactement comme des loups. En bien ou en mal, l’homme a influencé leur comportement et leurs réactions, en les éloignant des réflexes naturels.

Une très grande connaissance de la psychologie canine et de l’éthologie s’avère nécessaire pour penser raisonnablement qu’une bagarre hiérarchique règlera les disputes sans conséquences désagréables. Mais on ne peut jamais être entièrement sûr car, parfois, les conséquences vont bien au-delà des intentions.

S’agissant maintenant de la question des bagarres entre chiens qui occupent le bas de l’échelle néoténique, mieux vaut généralement éviter les occasions de combat. Ces sujets, en effet, ne sont pas des chiens ayant le sens de la hiérarchie. Les motifs de conflit s’avèrent, le cas échéant, beaucoup plus profonds et enracinés. Ces chiens ne ressentent pas du tout le besoin de nouer des liens extérieurs avec leur cellule familiale. On en déduit alors que s’ils se battent une fois, ils se garderont, sans doute, toujours un « chien de leur chienne ».

Source : https://www.woopets.fr/chien/rivalites/