Bébé et le chien : voici le dernier volet de nos conseils suite à l’arrivée d’un bébé à la maison pour ne pas perturber son chien.

L’annonce de l’arrivée d’un bébé est invariablement source d’interrogations et même d’inquiétude chez les futurs parents quand un animal vit à la maison. Quel sera la réaction de ce dernier ? Sera-t-il jaloux ? Existe-t-il des risques pour l’enfant ? Comment préparer l’arrivée du bébé ?

Halte aux idées reçues !!

  « Il va être jaloux » : idée anthropomorphique !

L’animal, peut être perturbé, inquiété face aux nombreux bouleversements dus à l’arrivée d’un bébé, mais sûrement pas jaloux. Penser que son animal croit que le nouveau venu sera davantage aimé que lui et qu’il va le remplacer est foncièrement anthropomorphique. Un changement de comportement est prévisible au début, c’est-à-dire dans la phase d’adaptation durant laquelle l’animal doit trouver de nouvelles marques. Cela n’a rien à voir avec la jalousie.

Le chien considère le bébé comme un jeune qui, par définition, n’entre pas dans la hiérarchie du groupe. Il n’est donc pas un concurrent.

« Quand bébé est né, le papa doit ramener de la maternité des langes pour avertir son animal» : aucun intérêt !

bebe chien

Rapporter des langes imprégnés de l’odeur du bébé ne sert à rien puisque le père lui-même porte son odeur. Par ailleurs, l’animal est bien conscient, et ce depuis le début de la grossesse, que la famille va s’agrandir. Il a bien senti les modifications hormonales chez sa maîtresse et même avant que celle-ci ne le sache. C’est ce que l’on appelle un diagnostic précoce de gestation !

Les propriétaires observent souvent chez leur animal un changement d’attitude envers la future mère : le chien tente de la séduire.

 « La présence d’un chien augmente les risques d’allergies chez l’enfant » : au contraire !

Les allergologues et les pédiatres ont longtemps été fâchés avec les animaux à poils, les rendant responsables de l’augmentation des allergies chez l’enfant. Jusqu’à ce que des études à grande échelle apportent des conclusions inverses : la présence d’un chien (ou de plusieurs) auprès d’un enfant les premières années de sa vie réduirait le risque global d’allergies.

L’exposition précoce et régulière à des mammifères stimulerait chez le jeune une réponse immunitaire qui préviendrait le développement de l’asthme.

Préparer l’arrivée

Les habitudes, les bruits, les odeurs, les mouvements, tout va être bouleversé dans la maison à l’arrivée de l’enfant. Et l’animal naturellement écarté. Pour éviter l’apparition de troubles du comportement, anticipez !

Préparer le chien

Dans les mois précédent la naissance, la vie du chien doit progressivement être réorganisée. Vérifiez que les règles de bonne conduite sont bien respectées par le chien. Il est à sa place dans la hiérarchie de la famille. Un chien qui aurait des prérogatives de dominant risque plus tard de « s’approprier » le bébé. Il aura aussi un comportement protecteur excessif envers lui. Et il supporterait moins l’agitation autour du nourrisson au point d’en devenir agressif.

Le lieu de couchage du chien n’est pas anodin : son panier/couffin doit être posé au sol, dans un coin discret, sans passage, où il pourra se détendre et observer de loin l’agitation familiale. Autant dire que la chambre des parents, le couloir, l’escalier (en bas ou en haut), le canapé sont à éviter car perpétuellement dérangé, il va vite devenir irritable.

Interdire la chambre du bébé

Dès le premier coup de peinture, c’est tout à fait censé. Le chien doit respecter le « nid », lieu aussi stratégique que la chambre des maîtres.

Ses sorties comme ses repas sont, si ce n’est pas déjà le cas, progressivement confiés à monsieur.  Celui-ci devra les programmer dans la journée. Il doit aussi respecter les horaires établis après l’arrivée du bébé pour qu’ils soient des rituels apaisants pour l’animal.

Les maîtres devraient petit à petit ne plus répondre aux demandes de jeux et de câlins. C’est à eux de décider des moments de détente, pas au chien.

Si le chien a la fâcheuse manie de sauter sur les gens pour les accueillir, il est temps de la corriger avec l’aide éventuelle d’un éducateur.

Enfin et surtout, consultez votre vétérinaire au moindre comportement d’agressivité, d’hyperactivité ou de nervosité.

Les présentations

A la sortie de la maternité, grâce à son flair performant, le chien peut flairer à distance le bébé. De toute façon, il va instinctivement faire un geste de retrait. Il va prendre de la distance car il comprend que c’est un être fragile, protégé par la « femelle ». Une chienne éloigne toujours ses congénères quand elle allaite.

La mère doit faire de même avec le chien à l’heure de la tétée ou s’il approche de trop près le nouveau-né. Pour les chiens hyperactifs, il vaut mieux leur apprendre à garder une distance d’un mètre autour du bébé.

Préserver la santé du bébé

Le nourrisson est un être fragile et vulnérable. Certaines précautions sont à prendre pour éviter que la présence d’un animal soit dangereuse pour sa santé.

Vermifuger son chien

Les animaux de compagnie sont facteurs de zoonoses parasitaires auxquelles le nourrisson est très sensible. Le risque est en particulier significatif avec les ascaris qui parasitent le tube digestif des carnivores (Toxocara canis chez le chien). C’est pourquoi il est conseillé de traiter régulièrement les animaux en contact avec les enfants avec un vermifuge polyvalent.

Les chiots sont vermifugés tous les 15 jours entre l’âge de 2 à 6 semaines puis tous les mois jusqu’à 6 mois. Les adultes le sont au moins 4 fois par an.

arrivée enfant

Respecter des règles d’hygiène

Giardiose, salmonellose, campylobactériose… Toutes ces maladies sont transmissibles de l’animal à l’enfant par voie orale. La prévention passe par la désinfection systématique des jouets et biberons touchés par l’animal. Et bien entendu, on empêche l’animal de lécher le visage du bébé, de manger dans son assiette ou de dormir avec lui.

Ne jamais le laisser seul avec un animal

Le risque zéro d’agression n’existe pas. Un bébé et/ou un enfant en bas âge ne devrait jamais se retrouver sans surveillance, ne serait-ce que quelques minutes, avec un animal si « gentil » soit-il.

Attention aux punitions en présence de l’enfant !

Car l’animal peut associer la punition à l’enfant et devenir ensuite anxieux, voire imprévisible en sa présence. Inversement, gronder son enfant en présence de son chien peut rendre l’animal nerveux et le pousser à intervenir.

Consulter avant qu’il ne soit trop tard

 Si, en présence du bébé, le chien  :

  • s’agite,
  • tourne autour du couffin (comportement de prédation),
  • s’il grogne ou s’il essaye de le protéger,

Une consultation en urgence s’impose.